• L’homme et le chien

    Il ne voyait rien, il ne cherchait rien,
    Il se contentait d’avoir un grand chien

    A qui il parlait, à qui il riait
    Comme à un ami qui lui ressemblait.

    A deux, ils formaient sûrement quelqu’un,
    Quelqu’un de très bon, quelqu’un de très bien

    Traversant la vie sans souci aucun,
    Simplement content d’être très content,

    De ne désirer rien d’autre vraiment
    Que d’être ici-bas un homme et un chien.

    (Maurice Carême)

     

     


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  • C’est la réalité des photos qui sont sur mon cœur que je veux
    Cette réalité seule elle seule et rien d’autre
    Mon cœur le répète sans cesse comme une bouche d’orateur et le redit
    À chaque battement
    Toutes les autres images du monde sont fausses
    Elles n’ont pas d’autre apparence que celle des fantômes
    Le monde singulier qui m’entoure métallique végétal
    Souterrain
    Ô vie qui aspire le soleil matinal
    Cet univers singulièrement orné d’artifices
    N’est-ce point quelque œuvre de sorcellerie
    Comme on pouvait l’étudier autrefois
    À Tolède
    Où fut l’école diabolique la plus illustre
    Et moi j’ai sur moi un univers plus précis plus certain
    Fait à ton image

    Guillaume Apollinaire


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  • Les Feuilles Mortes

    Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
    Des jours heureux où nous étions amis.
    En ce temps-là la vie était plus belle,
    Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
    Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
    Tu vois, je n'ai pas oublié...
    Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
    Les souvenirs et les regrets aussi
    Et le vent du nord les emporte
    Dans la nuit froide de l'oubli.
    Tu vois, je n'ai pas oublié
    La chanson que tu me chantais.

    {Refrain:}
    C'est une chanson qui nous ressemble.
    Toi, tu m'aimais et je t'aimais
    Et nous vivions tous deux ensemble,
    Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
    Mais la vie sépare ceux qui s'aiment,
    Tout doucement, sans faire de bruit
    Et la mer efface sur le sable
    Les pas des amants désunis.

    Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
    Les souvenirs et les regrets aussi
    Mais mon amour silencieux et fidèle
    Sourit toujours et remercie la vie.
    Je t'aimais tant, tu étais si jolie.
    Comment veux-tu que je t'oublie ?
    En ce temps-là, la vie était plus belle
    Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
    Tu étais ma plus douce amie
    Mais je n'ai que faire des regrets
    Et la chanson que tu chantais,
    Toujours, toujours je l'entendrai !


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  • 5 octobre 2013                 "   Place François Rude ou Bareuzai"

    5 octobre 2013                 "   Place François Rude ou Bareuzai"

    Photos prisent au mois de juin

    *********************************

    5 octobre 2013                 "   Place François Rude ou Bareuzai"

    Prise vers 1905

    **************************

    Elle n'existait pas au Moyen Âge : c'est entre 1904-1905 que des maisons ont été rasées pour ouvrir la place. Le sculpteur François Rude est né à proximité, d’où le nom de ce lieu. La statue Le Vendangeur trône sur la fontaine centrale depuis 1904, elle est l'œuvre de Noël-Jules Girard. Elle représente un vigneron foulant le raisin dans une cuve. C'est à ce personnage que la place doit d'être couramment appelée place du bareuzai. Par ce mot, les bourguignons désignent une personne chargée de fouler le raisin. En effet lorsqu'elle ressortait de la cuve, elle se reconnaissait à ses jambes teintes en rose : le « bas rosé ».

    Description

    Il s'agit de l'une des places les plus touristiques de la ville. Son architecture est un mélange de Moyen Âge et de Renaissance. Elle comporte une fontaine centrale entourée de salons de thé, brasseries, banques, boutiques de mode. On y trouve un carrousel réalisé par Bailly-Cochet sur lequel figurent des œuvres et des bâtiments de Gustave Eiffel. La rue de la Liberté, qui est la plus commerçante de la ville, passe par cette place. Elle sert également de place du marché.


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  • 4 octobre 2013

     

    Bien placés bien choisis
    quelques mots font une poésie
    les mots il suffit qu’on les aime
    pour écrire un poème
    on ne sait pas toujours ce qu’on dit
    lorsque naît la poésie
    faut ensuite rechercher le thème
    pour intituler le poème
    mais d’autres fois on pleure on rit
    en écrivant la poésie
    ça a toujours kékchose d’extrème
    un poème

    Raymond Queneau

     

     

     

     


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  • .

    3 octobre 2013                          "Mon beau Chevalier"

     

    La rose de l’absent

     

    (Légende du Moyen Age)

    Le beau chevalier était à la guerre…
    Le beau chevalier avait dit adieu
    A sa dame aimée, Anne de Beaucaire
    Aux yeux plus profonds que le grand ciel bleu.

    Le beau chevalier, à genoux près d’elle,
    Avait soupiré, lui baisant la main :
    ” Je suis tout à vous ! soyez-moi fidèle ;
    A bientôt !… je vais me mettre en chemin. ”

    Anne répondit avec un sourire :
    ” Toujours, sur le Christ ! je vous aimerai,
    Emportez mon coeur ! allez, mon beau sire,
    Il vous appartient tant que je vivrai. ”

    Alors, le vaillant, tendant à sa dame
    Une rose blanche en gage d’amour,
    S’en était allé près de l’oriflamme
    De son Suzerain, duc de Rocamour.

    Le beau chevalier était à la guerre…
    Anne, la perfide aux yeux de velours,
    Foulant son naÏf serment de naguère,
    Reniait celui qui l’aimait toujours ;

    Et, sa blanche main dans les boucles folles
    D’un page mignard, elle murmurait
    Doucement, tout bas, de tendres paroles
    A l’éphèbe blond qui s’abandonnait.

    Mais, soudain, voulant respirer la rose
    Du fier paladin oublié depuis,
    Elle eut peur et vit perler quelque chose
    De brillant avec des tons de rubis.

    Cela s’étendait en tache rougeâtre
    Sur la fleur soyeuse aux pétales blancs
    Comme ceux des lis et comme l’albâtre…
    La rose échappa de ses doigts tremblants ;

    La rose roula tristement par terre…
    Une voix alors sortit de son coeur ;
    Cette voix était la voix du mystère,
    La voix du reproche et de la douleur.

    ” Il est mort, méchante, il est mort en brave !
    Et songeant à toi, le beau chevalier ;
    Son âme est au ciel, chez le bon Dieu grave
    Et doux, où jamais tu n’iras veiller ;

    Où tu n’iras pas, même une seconde,
    Car ta lèvre doit éternellement
    Souffrir et brûler, par dans l’autre monde,
    Au feu des baisers d’un démon méchant… ”

    Et la voix se tut sous le coup du charme,
    La fleur se flétrit, Anne, se baissant
    N’aperçut plus rien, plus rien qu’une larme
    Avec une goutte épaisse de sang.

    Gaston Couté


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