• A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
    Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
    A, noir corset velu des mouches éclatantes
    Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

    Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
    Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
    I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
    Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

    U, cycles, vibrements divins des mers virides,
    Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
    Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

    O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
    Silences traversés des Mondes et des Anges :
    - O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

    "A. Rimbaud"

    Studieuse...

     


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  • Roses vous les plus belles


    Roses de juin, vous les plus belles,
    Avec vos coeurs de soleil transpercés ;
    Roses violentes et tranquilles, et telles
    Qu’un vol léger d’oiseaux sur les branches posés ;
    Roses de Juin et de Juillet, droites et neuves,
    Bouches, baisers qui tout à coup s’émeuvent
    Ou s’apaisent, au va-et-vient du vent,
    Caresse d’ombre et d’or, sur le jardin mouvant ;
    Roses d’ardeur muette et de volonté douce,
    Roses de volupté en vos gaines de mousse,
    Vous qui passez les jours du plein été
    A vous aimer, dans la clarté ;
    Roses vives, fraîches, magnifiques, toutes nos roses
    Oh ! que pareils à vous nos multiples désirs,
    Dans la chère fatigue ou le tremblant plaisir
    S’entr’aiment, s’exaltent et se reposent !

    "Émile Verhaeren"

    Parfum de la rose

     


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  • Tout doucement la nuit tombe,

    Il ne reste que des ombres.

    Le soleil lentement s'enfuit

    Et le jour fait place à la nuit.

    Tout est bien calme, apaisant,

    Les oiseaux retiennent leurs chants.

    Une à une chaque maison,

    S'illumine à sa façon.

    Quelles que taches de lumière

    La nuit tombe..


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  • "Il pleut"

    LA PLUIE

    La pluie et moi marchions
    Bons camarades
    Elle courait devant et derrière moi
    Et je serrais notre trésor dans mon coeur
    Elle chantait pour nous cacher
     
    Elle chantait pour endormir mon coeur
    Elle passait sur mon front sa peau mouillée
    Et humaine ma chère pluie
    Elle tendait l'oreille               
    Pour savoir si mon chant silencieux était anéanti
     
    Elle me met les mains sur les épaules
    Et court tant haut dans la plaine du ciel
    Et tant me montre les diamants du soleil
    Et tant toujours me caresse la peau
    Et tant toujours me chante dans les os
    Que je deviens un bon camarade
    J'entonne une grande chanson
    Qu'on entend et les cabarets et les oiseaux
    Disent à notre passage Maintenant
    Ils chantent tous les deux.

    "Pierre Morhange"

     

    "Il pleut"


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  • Des fleurs fines

    Des fleurs fines et mousseuses comme l'écume
    Poussaient au bord de nos chemins
    Le vent tombait et l'air semblait frôler tes mains
    Et tes cheveux avec des plumes.
    L'ombre était bienveillante à nos pas réunis
    En leur marche, sous le feuillage ;
    Une chanson d'enfant nous venait d'un village
    Et remplissait tout l'infini.
    Nos étangs s'étalaient dans leur splendeur d'automne
    Sous la garde des longs roseaux
    Et le beau front des bois reflétait dans les eaux
    Sa haute et flexible couronne.
    Et tous les deux, sachant que nos coeurs formulaient
    Ensemble une même pensée,
    Nous songions que c'était notre vie apaisée
    Que ce beau soir nous dévoilait.
    Une suprême fois, tu vis le ciel en fête
    Se parer et nous dire adieu ;
    Et longtemps et longtemps tu lui donnas tes yeux
    Pleins jusqu'aux bords de tendresses muettes.

     Emile Verhaeren.

    Festival de fleurs


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  • Les lumières de la ville au soir

    Les feux de la ville, les lampes des bateaux brillent comme un essaim de lucioles;
    Les nuages du soir déservent leur encre dans la nuit obscure.
    Je me crois au plus haut des cieux,
    Penchés pour voir parmi les hommes scintiller des rangées d'étoiles.

    "Jiang Shiquian"

    Les lumières de la ville au soir


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  • Fais Du Feu Dans La Cheminée

    Il a neigé à Port-au-Prince,
    Il pleut encore à Chamonix.
    On traverse à gué la Garonne,

    Le ciel est plein bleu à Paris.
    Ma mie, l'hiver est à l'envers,
    Ne t'en retourne pas déjà,
    Le monde entier est en chamaille,
    On gèle au sud, on sue au nord.

    Fais du feu dans la cheminée,
    Je reviens chez nous.
    S'il fait du soleil à Paris,
    Il en fait partout !

    La Seine a repris ses vingt berges,
    Malgré les lourdes giboulées.
    Si j'ai du frimas sur les lèvres,
    C'est que je veille à ses côtés.
    Ma mie, j'ai le cœur à l'envers,
    Le temps ravive le cerfeuil.
    Je ne veux pas être tout seul,
    Quand l'hiver tournera de l'œil.

    Fais du feu dans la cheminée,
    Je reviens chez nous.
    S'il fait du soleil à Paris,
    Il en fait partout !

    Je ramène dans mes bagages,
    Un goût qui m'était étranger,
    Moitié tombé, moitié sauvage,
    C'est l'amour de mon potager.

    Fais du feu dans la cheminée,
    Je reviens chez nous.
    S'il fait du soleil à Paris,
    Il en fait partout !


    Fais du feu dans la cheminée,
    Je reviens chez nous.
    S'il fait du soleil à Paris,
    Il en fait partout !
    "Chanson de Jacques Douai"

    Détente.............


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