• Courtisane au sein dur, à l’oeil opaque et brun
    S’ouvrant avec lenteur comme celui d’un boeuf,
    Ton grand torse reluit ainsi qu’un marbre neuf.

     

    Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun
    Arôme, et la beauté sereine de ton corps
    Déroule, mate, ses impeccables accords.

     

    Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu’au moins
    Exhalent celles-là qui vont fanant les foins,
    Et tu trônes, Idole insensible à l’encens.

     

    - Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur,
    Elève sans orgueil sa tête sans odeur,
    Irritant au milieu des jasmins agaçants !

    "Paul Verlaine"

    Romance parmis les fleurs


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  • Je t'attends...

    Je t'attends dans ce jardin
    Où tu viens chaque matin,
    Bel inconnu au regard rêveur,
    Toi qui fais chavirer mon coeur !

    Je ne connais rien de ta vie,
    Ni ton prénom, ni où tu vis ;
    J'ignore ce qui te fait rêver,
    Ce qui te fait rire ou pleurer !

    Tu passes des heures à dessiner,
    Moi, je les passe à imaginer
    Nos initiales en lettres dorées,
    Entrelacées pour l'éternité !

    Etre ton phare, ton horizon,
    La muse de ton inspiration,
    M'endormir dans tes bras,
    Me réveiller auprès de toi !

    Et pour protéger notre bonheur,
    Enfermer nos deux coeurs
    A l'intérieur d'un écrin
    De velours et de satin !

    Mais lorsque tu repars chez toi,
    Mes rêves s'écroulent sous tes pas,
    Et mon coeur demeure chagrin,
    Solitaire jusqu'au lendemain !

    "Véronique AUDELON"

    Je t'attends...


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  • Chant d’automne

     Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
    Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
    J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
    Le bois retentissant sur le pavé des cours.

     

    Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
    Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
    Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
    Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

     

    J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
    L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
    Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
    Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

     

    Il me semble, bercé par ce choc monotone,
    Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
    Pour qui ? - C’était hier l’été ; voici l’automne !
    Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

     

    J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
    Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
    Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
    Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

     

    Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
    Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
    Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
    D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

     

    Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
    Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
    Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
    De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

    "Charles Baudelaire"

    Chant d’automne


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  • L'automne de la vie

    Un été qui s'achève
    Aux saisons de la vie,
    Un bel été de rêve
    Qui nous laisse ravis.
    Aujourd'hui, c'est l'automne
    Qui frappe à notre porte,
    Un oiseau-lyre entonne
    Un chant qui nous tranporte.

    Un amour transformé
    En plus grande tendresse,
    Ne viendra désarmer
    Notre dernière jeunesse.
    La douceur automnale
    Aux couleurs ravivées,
    Jouera son festival
    Sur nos sens enivrés.

    Les tapis de douceurs
    Par le temps déposés,
    Ont embelli nos coeurs
    Désormais reposés.
    Et le miel des fleurs
    De nos jours dépassés,
    Reviendra adoucir
    Ce présent du passé.

    L'automne sera très long
    Cela ne fait de doute,
    Si les chemins sont bons
    Vers cette nouvelle route.
    C'est au soleil couchant
    Que le ciel nous invite,
    Quand tinte le doux chant
    D'une ombre qui dit...vite!

    "Dominique Simonet"

    Couleur d'Automne en Bourgogne


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  • mettre plein écran

    Un petit cadeau en ce dimanche ,reçu d'une amie

    Entre les rangées d’arbres de l’avenue des Gobelins
    Une statue de marbre me conduit par la main
    Aujourd’hui c’est dimanche les cinémas sont pleins
    Les oiseaux dans les branches regardent les humains
    Et la statue m’embrasse mais personne ne nous voit
    Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt.

    "Jacques Prévert"

    Un petit cadeau en ce dimanche ,reçu d'une amie


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  • A Clymène

    Mystiques barcarolles,
    Romances sans paroles,
    Chère, puisque tes yeux,
    Couleur des cieux,
    Puisque ta voix, étrange
    Vision qui dérange
    Et trouble l’horizon
    De ma raison,
    Puisque l’arôme insigne
    De la pâleur de cygne,
    Et puisque la candeur
    De ton odeur,
    Ah ! puisque tout ton être,
    Musique qui pénètre,
    Nimbes d’anges défunts,
    Tons et parfums,
    A, sur d’almes cadences,
    En ces correspondances
    Induit mon cœur subtil,
    Ainsi soit-il !

    "Paul Verlaine"

    A Clymène !!


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  •  Écoute maman est près de toi,
    Il faut lui dire : "Maman, c'est quelqu'un pour toi"

    Ah ! c'est le monsieur de la dernière fois
    Bon, je vais la chercher
    Je crois qu'elle est dans son bain
    Et je sais pas si elle va pouvoir venir

    Dis-lui, je t'en prie, dis-lui c'est important
    Et il attend

    Dis, tu lui as fais quelque chose à ma maman
    Elle me fait toujours des grands signes
    Elle me dire toujours tout bas : "Fais croire que je suis pas là"

    Raconte-moi comment est ta maison ?
    Apprends-tu bien chaque soir toutes tes leçons ?

    Oh oui ! mais comme maman travaille
    C'est la voisine qui m'emmène à l'école
    Il y a qu'une signature sur mon carnet
    Les autres ont celle de leur papa, pas moi

    Oh dis-lui que j'ai mal
    Si mal depuis six ans
    Et c'est ton âge, mon enfant

    Ah non ! moi, j'ai cinq ans
    Eh ! dis, tu la connaissais ma maman avant
    Pourtant elle m'a jamais parlé de toi
    Tu restes là hein !

    Le téléphone pleure quand elle ne vient pas

    "Claude François"

    Allo ! écoute moi....... (j'ai oublier hier de programmermon article  ..........excusez moi!!


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  • Promenade d'Automne

    Automne, fidèle, arrive chez moi
    Il me fait de larges signes du bois
    Par la fenêtre et m’invite à sortir
    Le rejoindre et la forêt parcourir
    Faisant voler feuilles et champignons
    Mes pas suivent ce charmant compagnon

    Ses habits neufs éblouissent les yeux
    De brillants dégradés aux tons de feux
    Le rouge y dispute à l’ocre et l’orange
    L’honneur de vêtir la mode qui change
    Tenues estivales de tissus verts
    Font place aux chaudes collections d’hiver

    Il porte un parfum musqué raffiné
    Dont les volutes me poivrent le nez
    Fragrance entêtante de ces souchettes
    Soupçon de marron, pincée de noisette
    Senteurs mouillées, restes de fenaison
    Meutes souillées, odeurs de venaison

    Les franges blanchâtres de son écharpe
    Soudain devant son visage s’échappent
    Cachant le teint sanguin haut en couleur
    De ce bel ami si cher à mon cœur
    Derrière l’épais rideau de ce voile
    Comme il est froid et gris ! Comme il est pâle !

    Sa présence est un tel enchantement
    J’en oubliais sens et raisonnement
    Sans doute avons-nous longtemps cheminé
    Un bon feu attend dans la cheminée
    Pour des semaines Automne restera
    Et je reviendrai, demain, à son bras

    "Christine Derouneau"

    Promenade d'Automne


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