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Bastide St Pons à Puyloubier
Depuis plus de 30 ans, la peintre Monique Curto-Nehring restaure petit à petit un lieu acquis en 1978. Le tas de pierres s'est transformé en une belle bastide
Depuis une petite avancée du premier étage, il faut emprunter une échelle solidement arrimée pour parvenir à la terrasse . Une fois là-haut, il faut rester bouche bée. Mais, normalement, point besoin de se forcer, cela vient tout seul. Les vues sur Sainte-Victoire d'un côté, et la Sainte-Baume de l'autre, y sont extraordinaires. Comme l'est tout autant celle sur les champs et les vignes en contre-bas. .
Arrivée en 1978, elle affirme ne jamais partir en vacances. Sa vie, elle est sur ce tertre acquis auprès d'un agriculteur du village qui a mis sept ans à accepter de vendre. À l'époque ne s'y trouvait qu'une ruine ayant abrité en son temps quelques familles de paysans. Mais, pendant des siècles y était accroché un petit établissement religieux évoqué dans un document de 1079, auquel était accolée une chapelle mentionnée dès les années 1040. L'histoire ne date pas d'hier. Elle aurait pu s'arrêter là.
C'était sans compter sur l'énergie de ce petit bout de femme, de son frère et sa soeur, de son mari et d'un ami maçon. Peintre, elle passe deux ans à Londres, puis cinq à New York, avant de s'installer en Provence et de se lancer dans la restauration de sa bâtisse. Et si ses toiles représentent parfois des paysages torturés, ce n'est pas le cas de sa demeure.
Le résultat est là, divisé en deux lieux. L'un, privatif, est son habitation. La décoration y est chargée, mais d'époque. Le pourtour de la cheminée, en bois, est gracieusement sculpté. Non loin trône un buffet du XVIIe siècle, de l'école arlésienne. Les plafonds sont de mode marseillaise, mêlant bois et tuiles romaines plates. À l'extérieur, en haut des murs doublés de pierres du pays, l'on trouve quatre rangs de génoises. Et devant les œils-de-bœuf sont placés des hublots récupérés dans un monastère du Cantal.
Le second bâtiment est partiellement ouvert au public. L'on y trouve une petite galerie où Monique Curto - peintre expose ses toiles. De là, on peut se glisser dans une petite chapelle. "Il lui a fallu deux ans de travaux pour la restaurer, . Elle a été reconsacrée en 1999 et nommée Notre-Dame-de-Saint-Pons. La sainte vierge qui s'y trouve, elle l'a acquise lors d'une vente aux enchères, qui provient de l'ancienne chapelle des Baumettes."
Monique Curto ne souhaite pas en rester là et prévoit de relier ces deux bâtiments par "une salle de plus de 140 mètres carrés avec des murs vitrés devant et derrière. Elle prévoit d'y organiser des cours de peinture, des rencontres, des concerts, de la lecture de poésie...
" De l'art au sein d'une œuvre d'art, en quelque sorte.