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    Deux sous de violettes

    Pour deux ronds ça sent bon
    Ça n' vous monte pas à la tête
    C'est bien honnête
    L'amour c'est bête
    Comme ces p'tits bouquets ronds
    C'est jamais qu'une amourette
    Deux sous de violettes.


    Y'en a qui se paient des azalées
    Des lys, des orchidées
    Des fleurs toutes tarabiscotées
    Qui sentent rien du tout
    Moi les fleurs qu'j'ai toujours aimées
    Sont celles qu'on achète deux sous.


    Faut pas croire que les aventures
    C'est des dames en fourrures
    Toutes pleines de chichis, de parures
    Qu'on caresse dans le satin
    Moi j'aime les filles de la nature
    Qui se lèvent tôt le matin.


    Ô mes filles pauvres, mes reines,
    Sans perles, sans robes à traîne
    Vous êtes mon bonheur et mes peines
    Vous êtes mes amours
    Mes petites soeurs qui n'ont pas eu de veine
    C'est vous que j'aimerai toujours.

    Paroles: Jean Anouilh
    Musique: Georges Van Parys (1951)
    Interprète: Anny Flore  

    Deux sous de violettes

     

     

     


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  • Clair de lune

    La lune était sereine et jouait sur les flots. -
    La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
    La sultane regarde, et la mer qui se brise,
    Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.

    De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
    Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
    Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
    Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?

    Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
    Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
    Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
    Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

    Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? -
    Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
    Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
    Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.

    Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
    On verrait, en sondant la mer qui les promène,
    Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... -
    La lune était sereine et jouait sur les flots.

    Victor HUGO   

    Clair de lune


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    Quelques fleurs pour vous remercier de votre compréhension , votre fidèlité, des tracas que je vous ai donné 

    j'espère que vous n'aurez plus de problème pour me trouver et c'est avec joie que je continuerai à vous lire ,

    Vous me pardonnerez si je suis moins présente j'ai mon amie du Var qui est arrivée aujourd'hui pour 3 semaines 

    mais je ferai mon possible pour venir le plus souvent possible 

    PS: par contre il faut peut-être que vous vous réinscriviez à ma "newsletter"

    Pour vous remercier


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  •  J'ai changer de speudo , j'ai envoyé à chacun de vous par MP mon nouveau speudo 

    Merci de votre compréhension

     

    Au bord de la mer

    La lune de ses mains distraites

    A laissé choir, du haut de l’air,
    Son grand éventail à paillettes
    Sur le bleu tapis de la mer.

    Pour le ravoir elle se penche
    Et tend son beau bras argenté ;
    Mais l’éventail fuit sa main blanche,
    Par le flot qui passe emporté.

    Au gouffre amer pour te le rendre,
    Lune, j’irais bien me jeter,
    Si tu voulais du ciel descendre,
    Au ciel si je pouvais monter !

    "Théophile Gautier"


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  • 14 juillet

     

    Le rouge des gros vins bleus,
    la blancheur de mon âme,
    Je chante les moissons de la République
    sur la tête des enfants sages
    le soir du quatorze juillet.

     

    Et l’ivresse de fraternité des hommes dans les rues,
    aux carrefours des rêves de la jeunesse
    et des soupirs de l’âge,
    au rendez-vous de la mémoire et des promesses,
    dans le reverdissement de l’espoir par la danse.

     

    C’est le triomphe de la tendresse,
    l’artifice qui va ranimer,
    devant, derrière, les journées grises.
    Viens, toi que j’aurai tant aimée,
    plus tard. . . quand je t’aurai ourdie
    de tant de moires et de rages,
    tant qu’enfin je t’ai rendue telle :
    en pouvoir de rompre mon coeur. . .
    O mon silence armé d’orage,
    aujourd’hui tu es cri gentil
    de rencontre avec l’aventure !

     

    C’est le jour de fête de la Liberté.
    Nous avions oublié la vieille mère
    dont les anciens ont planté les arbres.
    Il est des morts vaincus qu’il faut précipiter
    encore un coup du haut des tours en pierre.
    Il est des assauts qu’il faut toujours reprendre.
    Il est des chants qu’il faut chanter en choeur,
    des feuillages à brandir et des drapeaux
    pour ne pas perdre le droit des arbres
    de frémir au vent.

     

    Nous allons en cortège comme une noce solennelle.
    Nous portons le feu débonnaire des lampions.
    Soumis à notre humble honneur, le geste gauche.
    Les bals entrent dans la troupe et les accordéons.

     

    Le génie de la Bastille a sauté parmi nous.
    Il chante dans la foule, sa voix mâle nous emplit.
    Au Faubourg s’est gonflé le levain de Paris.
    Dans la pâte, nous trouverons des guirlandes de verdure,
    quand nous défournerons le pain de la justice. . .
    C’est aujourd’hui ! Nous le partagerons en un banquet,
    sur de hautes tables avec des litres.
    Le monde est en liesse, buvons et croyons !

     

    Je bois à la joie du peuple, au droit de l’homme
    de croire à la joie au moins une fois l’an.
    À l’iris tricolore de l’oeil apparaissant
    entre les grandes paupières de l’angoisse.
    À la douceur précaire, à l’illusion de l’amour.

     

    André Frenaud (France, 1907).

    14 juillet


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